Un stage de géologie et biodiversité en Alsace Aout24
du 23 au 27 Août 2024

Programme, très riche et volontairement en lien avec les contenus de nos programmes actuels, nous amènera à visiter les sites suivants :
JOUR 1 : samedi 24 août
1/ Le Talhorn, depuis le site du Bergenbach aux points de vue superbes sur la vallée de la Thur, nous découvrirons les restes d’un océan disparu unique en Alsace, en parcourant la vallée de la Thur.
Lien vers le compte rendu :
http://montpellier.apbg.org/files/2025/02/Thalhorn.pdf
Ce site est classé trois étoiles à l’Inventaire National du Patrimoine Géologique il est d’intérêt international, on y rencontre des roches exceptionnelles, rares à l’échelle internationales : serpentinites et gabbros. Granites, gneiss, grauwackes. Traces de glaciation sur le site et autour.
2/Étude des paléoclimats L’âge de glace de la vallée de la Doller à Sewen
Tourbière, verrous, cirque, roches polies, moraines. Granites et minéralisations.
– Liens avec l’enseignement des SVT , entre autres :
TSpe : Histoire du passé mouvementé de la Terre (ophiolites, collision, charriage, chevauchements)
1er S pé: différence CC et CO, collision
C4 : Les climats de la Terre ; Phénomènes géologiques et tectonique des plaques
Lien vers le compte rendu :
http://montpellier.apbg.org/files/2025/02/vallee-de-la-Doller.pdf
JOUR 2 dimanche 25 août
1/ Volcan Kaisersthul : Le Kaiserstuhl (littéralement, le « trône de l’empereur ») est un volcan dont l’âge remonte au Miocène, c’est-à-dire qu’il a de 16 à 18 millions d’années. Il est situé presque au milieu du fossé rhénan, en Allemagne, entre Colmar et Freiburg. Il nous offre l’observation de coulées de lave avec pyroxène et olivines.

2/ Le Champ de fracture de Ribauvillé : le Florimont (pas loin de Colmar) et vignobles
Ce site remarquable a permis de retracer l’histoire géologique des Vosges et du fossé rhénan (de -330 Ma à 30 Ma), sur à peine quelques centaines de mètres de ballade. Les dépôts sédimentaires, pour certains fossilifères (Calcaires à entroques, Marnes calcaires à Bélemnites, Ammonites et huitres) sont d’une grande diversité, des miroirs de failles du champ de fracture sont facilement identifiables.
– Liens avec l’enseignement des SVT , entre autres :
1re SPE : divergence, faille normale.
Secondes : érosion, modelé des paysages
C4 : Les risques naturels ( volcanisme)
C3 : La Terre, planète active

Lien vers le compte rendu :
http://montpellier.apbg.org/files/2025/02/Kaiserstuhl.pdf
Histoire géologique de la région : schéma à l’échelle crustale : http://montpellier.apbg.org/files/2025/02/histoire-geologique.jpg
SOIREE : visite de Eguisheim (prévoir 1h30, plus beau village de France) et visite de caviste + restaurant
JOUR 3 lundi 26 août
Randonnée vers le Hohneck ,point culminant du massif des Vosges : chamois/biologie
Col de la Schlucht, jardin botanique
blocs basculés ; indices glaciation et cirques glaciaires
– Liens avec l’enseignement des SVT :
Tle : climats du passé
Seconde : biodiversité, préservation des milieux
C4 : biodiversité ; changements climatiques
Compte rendu :
Dans la réserve du Franckenthal-Missheimle, le chemin des crêtes du col de la Schlucht au Thanet.
La montée depuis le col, sur un sol granitique très altéré ,se fait de borne en borne sur le tracé de l’ancienne frontière franco-allemande , dans la hêtraie- sapinière .Il s’agit d’une forêt subalpine ouverte, installée depuis la fin de la dernière glaciation .Les hêtres ,en futaie ,surtout ,sont marqués par des conditions climatiques difficiles(petite taille, troncs tortueux) : une altitude inférieure à 1300m, mais une pluviosité importante (environ 2m d’eau/an) et une température moyenne de 5°C.
Les épicéas, résineux majoritaires ,ont été plantés.
Les troncs portent de nombreux polypores Amadouviers porte-feu (Fomes fomentarius) qui abritent des insectes ; ils présentent des loges creusées par les pics noirs mâles, puis utilisées, après abandon par les pics, par des passereaux, les chouettes forestières chevêches, chevêchettes et de Tengmalm (petite chouette des massifs montagneux, Aegolius funereus) .
La strate herbacée, clairsemée ,est composée de myrtilliers ,de touffes de luzule blanche (Luzula nivea), de digitales pourpres, de laiterons de plumier (Lactuca plumieri).
A l’écart du chemin, une clairière renferme une tourbière d’origine glacière, toujours active même si elle ne présente plus de lac. Elle est peuplée de sphaignes, de petites droséras à feuilles rondes et d’Ericacées : callunes sur le pourtour, myrtilliers, airelles rouges à feuilles coriaces et pérennes, airelles des marais plus hautes et à fruit rosé, canneberge accompagnée de son papillon( le nacré de la canneberge). Côté insectes, les aeshnes (libellules) et la leucorrhine douteuse affectionnent aussi ce milieu froid ,humide et acide.
Le Parc Naturel Régional se fixe comme objectifs de faire vivre les économies locales et de favoriser la biodiversité dans son espace. Il est installé sur des forêts domaniales, communales et privées. L’activité agricole est maintenue ainsi que les activités touristiques (botaniques et pédestres depuis le XIXème siècle, la fréquentation des lieux, aujourd’hui surtout sportive et familiale, a fortement augmenté). Si les activités humaines ancestrales (sculpture des troncs de hêtres en cors alpins, récolte par les enfants des feuilles de digitales utilisées en pharmacie, drainage des tourbières devenant pâturages d’hiver, utilisation comme réfrigérateurs des microtourbières des éboulis) sont abandonnées, les impacts des activités récentes sont bien visibles tout au long de la visite : ramifications d’un réseau de chemins balisés, la réserve étant traversée par une route, enrésinement du massif forestier et exploitation d’une partie de la hêtraie, cages protectrices pour les espèces végétales rares décimées par les chamois implantés par l’Homme dans les années 60, . Actuellement d’autres espèces sont invitées à s’installer : le grand tétras dont des couples, provenant de Norvège, devraient trouver ici le couvert végétal varié dont ils ont besoin pour se nourrir et se reproduire ; le lynx boréal, réintroduit dans le Jura et le Palatinat, les Vosges étant sur le passage entre les deux pour les individus tentant de réaliser la jonction des deux groupes.
Par ailleurs , le parc naturel est engagé avec L’ONF dans la recherche de variétés d’arbres rapidement exploitables, résistant au changements climatiques et au parasites (même si les scolytes ont peu endommagé les épicéas pour l’instant).
JOUR 4 mardi 27 août : visite de mines d’Ag et de fer.
– Liens avec l’enseignement des SVT , entre autres : ressources minérales
Dislocation du stage vers 12H.