L’Ecotron : SOUS LES CLOCHES, LA PELOUSE…

Visite le 19 octobre 2011

 

Le rendez-vous était fixé à 14 heures, devant l’entrée d’un bâtiment bien singulier, coiffé d’une douzaine de dômes translucides : l’Ecotron Européen de Montpellier. Sitôt arrivés et accueillis sous une fine pluie d’automne, nous voilà montés sur la plate-forme où s’alignent les dômes des macrocosmes. De jeunes chercheurs nous en révèlent l’intérêt ; il s’agit d’enceintes confinées, dans lesquelles sont placés des monolithes de sol intacts, de 5 m2 sur 1.8 m de profondeur, avec leurs communautés végétales, microbienne et animale. La paroi des dômes est faite de Tefzel, dérivé du téflon particulièrement transparent aux UV. Tous les facteurs environnementaux sont contrôlés : la température (qui peut être fixée à 7 ° sous la température ambiante, ce qui permet de ne pas limiter aux écosystèmes méditerranéens les études), l’eau, le CO2 atmosphérique et d’éventuels polluants. Des intrusions, les plus rares possibles sont effectuées pour observer l’évolution de la biocénose. La visite de l’étage inférieur nous révèle la complexité des instruments de suivi et de collecte : câbles, tuyaux, tubes, acheminent informations et échantillonnages vers les instruments d’analyse en continu. Tous les flux sont mesurés, la matière pesée, les eaux de ruissellement collectées, étudiées, l’atmosphère aspirée et analysée (méthane, d’oxydes d’azote sont ou seront mesurés en ligne, de même que les isotopes du carbone et de l’oxygène des molécules de CO2). Des bilans de matières peuvent ainsi être effectués. Un marquage 13C de la matière organique nouvellement formée permettra de suivre le devenir du carbone dans l’écosystème, grâce à un équipement de très haute technicité que mes modestes capacités ne me permettent pas de décrire. L’Ecotron est une plate-forme qui ne réalise pas ses propres projets mais répond à des cahiers des charges proposés par différents organismes de recherche européens. Le but de l’Ecotron est d’évaluer les conséquences des évolutions du climat. Le laboratoire propose aussi l’étude de microcosmes : boîtes de taille modeste de 1 à 100 dm³ contenant des sols et soumises aux mêmes mesures de flux que les macrocosmes. Une extension prochaine de la plate-forme permettra l’étude d’enceintes de taille moyenne appelées mésocosmes. Les mesures s’inscrivant dans la durée, la première expérimentation, encore en cours n’apportera de résultats que l’année prochaine ; elle consiste en l’étude de l’évolution de sols prélevés dans le massif central et soumis aux conditions environnementales de 2050, ainsi s’écrit peut-être, sous les cloches du campus de Baillarguet, l’avenir du Saint-nectaire et du Cantal !

 

Marianne GALTIER, lycée Joffre, Montpellier

Des collègues studieux devant les dômes des macrocosmes

 

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