Une excursion géologique dans les Pyrénées orientales sur le thème des énergies renouvelables.

L’APBG de Montpellier a organisé :
Les 21 et 22 Octobre 2015
Une excursion géologique dans les Pyrénées orientales
sur le thème des énergies renouvelables.

Première journée :

Le rendez-vous a été donné à LLo pour une randonnée le long de la Têt qui circule le long de la faille normale de la Têt. Nous avons atteint un point de vue d’où nous avons pu observer toute la vallée de la Cerdagne.image2

Nous avons ensuite visité le four solaire d’Odeillo.
Il mesure 54 mètres de haut et 48 de large, il comprend 63 héliostats. Il fonctionne depuis les années 1970.
Le principe utilisé est celui de la concentration des rayons par des miroirs réfléchissants. Les rayons solaires sont captés par une première série de miroirs orientables situés sur la pente (les héliostats), puis envoyés vers une deuxième série de miroirs (les « concentrateurs »), disposés en parabole. De là ils convergent vers une cible circulaire au sommet d’une tour centrale (le foyer) ; cette cible a à peine 40 cm de diamètre. Cela revient à concentrer l’énergie de « 10 000 soleils ».

Ce laboratoire permet d’étudier le comportement des matériaux soumis à des conditions extrêmes (hautes températures).
Les fours solaires présentent 2 intérêts principaux :
– les températures extrêmes sont obtenues dans une atmosphère « propre » (il n’y a pas de goudron ou autres particules liés à la combustion)
– les températures extrêmes sont obtenues instantanément, à condition d’avoir un bon ensoleillement !
A l’extérieur du site, nous avons assisté à l’embrasement d’un bâton et à la fusion d’une plaque de métal dans un « petit » four solaire.
Le site abrite aujourd’hui plusieurs équipes de chercheurs du CNRS qui travaillent sur différents projets : développement de revêtements pour l’industrie spatiale, test de prothèses à des fins médicales. Une nouvelle utilisation du site se développe : celle de la production d’électricité par utilisation de l’énergie solaire.Nous avons conclu cette journée par un moment de détente aux bains de Dorres dans une eau à 41°C.

IMGP7018

 

 

IMGP6979

Deuxième journée  :

Accompagnés de Roger Soliva, géologue à l’Université de Montpellier, nous avons étudié la géothermie le long de la Têt : pourquoi tant de sources d’eau chaude dans cette région des Pyrénées ?
Un premier arrêt sur les sommets de Nyer et Escaro nous a permis de visualiser la faille de la Têt dans le paysage. Cette faille normale décale certains terrains d’environ 2000 m. C’est en partie par le jeu de cette faille que s’est formé le Canigou. Avec un gradient moyen de 30°C par Km, l’eau à la base du Canigou peut déjà atteindre à 60°C (on parle de gradient topographique).
Un second arrêt à la gare du train jaune de Thuès les Bains, nous avons étudié de plus près le « plan » de faille. En fait, il ne s’agit pas d’un plan mais plutôt d’une zone bréchique de quelques mètres d’épaisseur qui s’est formée par la « convergence » de plusieurs failles. Il faut donc retenir que les failles ont un volume. Cette zone centrale (« core zone ») est globalement peu perméable.
L’observation de la répartition des sources chaudes montre que celles-ci sont principalement situées du côté du bloc qui est monté (« foot-wall »). On peut facilement imaginer que la core zone constitue une couche infranchissable qui canalise l’eau chaude qui remonte. On observe d’ailleurs des minéralisations blanches à la limite foot-wall / core zone.
Une balade dans la forêt à proximité de Thuès les Bains (côté foot-wall) nous à permis de découvrir des baignoires d’eau chaudes en pleine nature. L’eau jaillissait de la roche, à plus de 50°C parfois, dans des niveaux mylonitiques.
Les études géochimiques de ces eaux de sources montrent que la zone de recharge correspond aux sommets (Canigou entre autres) et descendent jusqu’à 4 Km de profondeur. Leur temps de résidence compris entre 11 et 17 000 ans.

Ainsi on peut expliquer l’hydrothermalisme de cette région par la présence de reliefs (gradient topographique) liés au fonctionnement de failles normales aux rejets importants (permettant une certaine dilatation des terrain et la canalisation des eaux chaudes qui remontent).

compte-rendu : Elodie Granier

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>