Voyage botanique à Madère

IMG_1712La régionale de Montpellier a profité d’un beau voyage à Madère du 14 au 19 avril organisé par Nicole Marty, nous étions donc une petite troupe de 18 personnes, bien décidées à découvrir la flore de cette petite île montagneuse et exotique.
Notre accompagnateur botaniste était Philippe Danton, spécialiste des flores insulaires venant tout juste de terminer la rédaction de la flore de l’archipel Juan Fernandez (dont l’île Robinson Crusoe ) au large du Chili.
Madère bien que très contrastée est en effet de taille réduite : allongée d’ est en ouest sur 55 km elle ne mesure que 24 km sur sa largeur nord/sud, ce qui ne l’empêche nullement d’atteindre 1850 m d’altitude au centre
Madère est une île volcanique de point chaud , apparue dans l’atlantique à l’époque tertiaire ainsi que les autres îlots constituant l’archipel (4), elle a par sa latitude (32°) et sa situation (660 km de la côte africaine) les caractères d’une île tropicale tempérée par l’océan atlantique, Funchal montre une température moyenne annuelle de 18 degrés.
Sa géographie offrant des sites fortement contrastés ( le bord de mer et 600 mm d’eau par an ou le bord de mer et 2 mètres d’eau par an, des vallées sèches et ensoleillées , ou fortement arrosées ( 2800 mm/an) et nébuleuses, des pics dénudés ou de vastes plateaux essentiellement basaltiques) , son climat clément et sa localisation à la croisée de nombreuses routes maritimes font que cette île est un paradis végétal avec une époustouflante variété floristique (1418 espèces).

image2
En une semaine nous avons fait cinq sorties d’une journée sur des lieux présentant des milieux divers donc des flores différentes et nous avons terminé par la visite du jardin botanique de Funchal.
La première fut le bord de mer a la pointe Est de Sao Lourenço, suivie de sorties dans la laurisylve sur les pentes le long des Levadas do Furado et du Chaudron Vert (levada : canaux creusés dans le flanc de la montagne qui permettent de prendre l’eau abondante sur les faces nord et de l’amener vers les faces sud moins arrosées. Il y a près de 2000 km de canaux !) Une sortie au pic do Arieiro (alt : 1862m, sommet le plus haut de l’île) et la dernière sortie plus a l’Ouest au col d’Encumeada.
Cette végétation peut être caractérisée par quatre mots, peut être cinq : Macaronésie, endémique, indigène, introduite …. et peste végétale.

 

IMG_1835
La Macaronésie regroupe les archipels de Madère et des Açores, les îles Canaries, les îles du Cap Vert et un bout du Maroc (région de l’arganier entre Essaouira, Agadir et Taroudant). La végétation « naturelle » de Madère est fondamentalement dite macaronésienne : 750 plantes sont dites indigènes ( arrivée « naturellement » sur l’île mais existant ailleurs) dont 123 endémiques (arrivée naturellement puis par une série de radiations d’origines diverses la plante obtenue n’existe plus que là ) et 668 introduites ( par l’homme) dont des pestes végétales car envahissant les milieux. Citons l’Ulex europeus, l’Erigeron karvinskianus, le Monbretia, le Crocosmia. Ces pestes heureusement n’ont pas tout détruit et nous avons pu voir des mousses, des fougères, des herbes et des arbustes, des arbres poussant souvent les uns sur les autres grâce à la forte nébulosité et pluviométrie des sites.

Compte-rendu :Lucile Chabrol et Jean-Marie Gendron

Le groupe de la régionale de Montpellier en excursion botanique à Madère.

Le groupe de la régionale de Montpellier en excursion botanique à Madère.

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>